Introduction aux modèles économiques des MOOCs

 
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Udemy, Iversity, Lynda.com, edX, Coursera, FUN, Udacity, Open University, Alison, pour n’en citer que quelques uns… Tout le monde parle de MOOC, beaucoup de mythes et de croyances circulent. Un mélange de peur que le modèle actuel de l’éducation s’effondre et d’incompréhension de ce que sont les MOOCs, et de ce qu’ils peuvent devenir.

Comme pour beaucoup de choses, il y a d’excellents MOOCs et des MOOCs très médiocres. D’un coté, on perçoit toutes les possibilités de démocratisation, d’accès au savoir et à la connaissance pour de plus en plus d’apprenants, de l’autre on sent que bon nombre d’enseignants qui n’ont pas pris le virage du numérique craignent d’être exclus du système qui se transforme sous leurs yeux, ou dans le meilleur des cas, de perdre une partie de leurs revenus.

Les notions de cours, de syllabus, de programmes sont également remis en cause, des formats cours et interactifs émergent. Entre les frais de scolarité qui explosent en Angleterre par exemple, les initiatives visant à rendre accessible les cours et les savoirs et les nouvelles possibilités du digital, tous les éléments sont réunis pour que les modèles économiques actuels et les usages des apprenants se modifient en profondeur. De ce constat, des modèles économiques des cours en ligne se développent. En voici un panorama bref pour les MOOCs, les DOCCs et les SPOCs.


1- Le modèle du tout gratuit – à la base du phénomène et du succès

Les « cours » en ligne ainsi que l’accès au catalogue de cours sont totalement gratuits pour les élèves et les apprenants. Dans ce cas, comment payer la production de ces cours, la marge prise par la plateforme et rémunérer les enseignants ? Par des dons ou des financements de fondations.
 
2- Le catalogue de syllabus visible pour tous, les cours payants.
Les « cours » en ligne sont payants et l’accès au catalogue de cours gratuit.
Les facteurs de prix peuvent alors inclure le prestige de l’institution, la durée du cours, la renommée de l’enseignant, le coût de production et la qualité du MOOC. (Nombre de vidéos, personnel nécessaire…)
 
3- Le mix de la formation

Les « cours » en ligne sont mis en disposition en supplément gratuit des cours traditionnels qui restent payants. C’est le bon vieux « blended learning », en version améliorée. Cette version tend à disparaître. Ce modèle existe encore pour les entreprises éducatives qui dépendent encore de leur ancien modèle en présentiel, et tente la transition vers les MOOCs sans vouloir canibaliser leurs revenus existants.
 
4- Le Certificat vérifié et vérifiable

Le catalogue est visible, le cours est gratuit, l’examen et/ou le certificat (ou diplôme) est payant et en option.
L’étudiant qui souhaite obtenir un « papier » doit le payer s’il a franchi toutes les étapes du cours. C’est le modèle du « verified certificate ». Selon Coursera, 20% des apprenants sont prêts à payer pour obtenir le papier officiel certifiant de leur succès au MOOC. Sur Udacity, l’apprenant paie 89 USD pour passer l’examen.
 
5- Les chasseurs de tête

Le cours est gratuit pour l’apprenant car il n’est plus le client.
La plateforme « offre » le cours à l’apprenant, mais revend les données des apprenants à des annonceurs, des employeurs, des recruteurs ou des chasseurs de tête. Il convient alors de bien lire les termes du contrat en matière de protection des données personnelles. Dans ce cas, les résultats de chaque apprenant et leur portefeuille de cours sont stockés dans le cloud pour que les entreprises (employeur, chasseur de tête, investisseur) puissent y accéder. Un service de « recommandation » pour les meilleurs étudiants peut être créé et monétisé.
 
6- De nouveaux modèles économiques émergent et de nouveaux services externes apparaissent.

La qualité de la résolution de la vidéo est mise en avant, l’accès en option à des notes de cours, à des études de cas, à des alertes concernant les nouveaux cours disponibles. Ce qui pouvait être inclus dans un cours, devient une option payante. En forte progression également, les services de réseautage qui suivent le MOOC, une fois celui ci terminé.
 
7- On s’abonne pour avoir accès au catalogue de cours en ligne, avec différent niveaux de service.

C’est typiquement le « Netflix de la formation », c’est à dire le modèle économique de vidéo à la demande, avec des revenus récurrents proposé par Lynda avec des packages (25 USD par mois, 250 USD par an). En échange l’apprenant a accès à toutes les vidéos et à de nouveaux cours chaque semaine.
 
8- Le marketing académique

Bien que le terme « Marketing » n’ait pas bonne presse dans l’éducation, c’est bien de cela dont il s’agit. Dans ce modèle, le MOOC sert de « produit d’appel marketing », de tête de gondole. Le MOOC est alors de niveau basique pour ensuite inciter l’apprenant à s’inscrire à un cours en présentiel payant, de niveau plus avancé ou pour proposer in fine, un parcours éducatif personnalisé, sur mesure et payant.
 
9- Les services externes pour un MOOC d’entreprise

Une entreprise sous-traite la production d’un cours en ligne à une plateforme existante, avec des intervenants internes ou externes (community manager, chef de projet, big data analyste, business consultant, architecte, designer, développeur…)
 
10- La plateforme de MOOC

Une entreprise ou un institut d’éducation acquiert sa propre plateforme pour produire ses propres MOOCs. Vu l’investissement en question, il convient de bien réfléchir à la pertinence de cette décision et être capable de rivaliser avec les offres existantes, du type Khan Academy.
 

Yves Zieba

Yves Zieba

Coach - Business consultant chez Freelance
Passionné d'éducation et de technologie, je conseille mes clients notamment sur les modèles économiques, les stratégies agiles et l'innovation.

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